GILLES DETERVILLE Conseiller départemental de CAEN
GILLES DETERVILLE Conseiller départemental de CAEN

Ouverture de la session publique du Conseil Départemental 30 Septembre 2016

Le par

Monsieur le Président, cher(e)s collègues,
Nous voici à l’aube d’une année importante pour notre pays qui va nous mener jusqu’au mois de Juin 2107,à choisir d’abord un Président de la République puis des députés pour conduire durant 5 ans les destinées de notre pays.Ne nous y trompons pas,au-delà des personnes, c’est bien entre des options
politiques opposées que nos concitoyens auront à trancher.

C’est même une certaine conception de notre société et de notre République dont il s’agit.
Non pas à propos de l’identité de la France fût-elle heureuse ou malheureuse mais d’une certaine idée de la France pour reprendre les termes d’un vrai Républicain.Cette longue période de débat a commencé dès la seconde partie du mois d’août et n’a pas fait l’économie des outrances et de la démagogie.Aux yeux de certains, tous les arguments sont bons même au prix de se rapprocher dangereusement des thèses de l’extrême droite.Mais la démagogie n’a pas non plus, hélas et c’est plus étonnant, épargné une institution qui se veut pluraliste, je veux parler de l’A.D.F qui,en cette rentrée, s’est lancée dans une campagne de désinformation telle qu’elle a n’avait jamais alimenté.

Que les départements veuillent, c’est bien légitime, défendre leur existence et les moyens de leur politique, tout le monde le comprend, mais que certains veuillent à ce point instrumentaliser l’A.D.F à des fins purement partisanes est insupportable.Pourtant confortés dans leur existence par l’accroissement de la taille des régions et par la loi NOTRe, les départements doivent poursuivre leurs missions en visant plus que jamais deux objectifs principaux : l’égalité entre les personnes en mettant en œuvre des politiques de soutien et d’accompagnement des plus fragiles et l’équité entre les territoires en assurant un service public de qualité équivalente en ville comme en milieu rural. (nous en reparlerons l’an prochain avec la mise en œuvre du schéma départemental de l’accessibilité des services au public)Néanmoins, c’est vrai depuis une dizaine d’années leurs difficultés financières fragilisent la qualité des services indispensables aux habitants comme le financement du modèle social français, soutenu par les politiques sociales départementales.

Depuis un an, les départements ont négocié avec le gouvernement pour mettre fin à la hausse du poids du R.S.A dans leurs budgets sans compensation totale par l’État, héritage d’une décision malheureuse du gouvernement Raffarin en 2004, qui a transféré aux départements le financement de cette allocation. Début 2016, l’Etat entendait, pour la première fois en 12 ans, corriger cette erreur. Les Présidents des Conseils Départementaux de gauche ont pris naturellement part à la négociation dans l’espoir de faire reposer à nouveau le RSA sur la solidarité nationale plutôt que sur les finances locales et corriger une injustice qui aura creusé les inégalités entre les départements et entre les citoyens. Hélas, par posture politique, une majorité de départements de droite a refusé au final tout compromis.

Ils ont ainsi fragilisé l’avenir des départements, préférant laisser perdurer l’injustice. C’est aujourd’hui un pan entier de la solidarité qui peut être menacée.Face à ce défaut de responsabilité politique, nous défendons une vision renforcée de notre système social s’appuyant sur la rénovation des politiques de solidarités départementales. Nous souhaitons que l’on aboutisse à une Allocation de Solidarité Unique et Universelle fusionnant les minimas sociaux et permettant de lutter contre le non-recours aux droits. Le gouvernement vient d’ailleurs d’aller dans ce sans en retenant les principales préconisations du rapport Sirugue. Nous demandons aussi au gouvernement de corriger les iniquités existantes quant au poids de cette protection sociale sur les budgets des Conseils Départementaux.

Le F.D.M.I est abondé de 200 millions d’euros cette année permettant aux 20 départements les plus en difficulté de faire face.Nous voulons renforcer le rôle des départements dans le redressement économique et social en soutenant prioritairement ceux qui ont la volonté d’investir dans l’accompagnement des personnes en favorisant davantage les politiques d’insertion.
Un nouveau fond de 50 millions est crée à cet effet pour soutenir les départements volontaristes en la matière.Nous défendons l’idée d’un système de protection sociale appuyé sur une articulation entre une solidarité nationale au profit d’une Couverture de Base Universelle
équivalente sur tout le territoire et une solidarité d’engagement, s’appuyant sur des politiques
départementales.

A terme, nous pensons souhaitable d’aller vers le REVENU DE BASE UNIVERSEL, qui devrait être aussi abordé lors des échéances du printemps prochain. Dans cette attente, pourquoi ne pas le mettre en expérimentation, comme vient de le décider le Conseil départemental de Gironde. Mais face à ces principes, que cherchent réellement,certains à droite en vue des échéances électorales prochaines ? Soutiendront-ils des candidats déclarés à la Primaire qui remettent en cause l’échelon départemental et sa vocation de solidarité ?

Défendront-ils un socle social universel identique pour tous alors que certains demandent le droit à déterminer à qui, combien et à quelles conditions délivrer une allocation, au mépris de l’égalité républicaine et territoriale ou le conditionnent à du bénévolat obligatoire ? Plutôt que de stigmatiser parfois de façon scandaleuse nos concitoyens les plus en difficulté, nous défendrons toujours la proximité, la responsabilité, l’égalité d’accès aux droits et l’équité entre les territoires. Je viens de parler longuement de notre coeur de métier, la solidarité entre nos concitoyens mais j’en viens à l’autre partie essentielle de notre rôle, la solidarité territoriale.

Nous nous réjouissons, vous le savez,que dans notre département les applications de la loi NOTRe soient d’ores et déjà importantes. La carte de l’intercommunalité est rénovée et plus cohérente avec ses 17 E.P.C.I même si on aurait pu aller plus loin et qu’un schéma à 12 E.P.C.Il aurait encore été meilleur.Pour les communes nouvelles et après un premier semestre riche en annonces de création, le second s’avère lui aussi prolifique.

Félicitations aux maires courageux et visionnaires qui ont mis de côté un certain esprit de boutiquier qui,il y a encore pas si longtemps prévalait,pour se hisser à la hauteur des enjeux du XXIème. Je sais que, Monsieur le Président, que vous restez circonspect sur cette évolution(si j’en crois votre longue interview dans Ouest-France du 21 Septembre). Une nouvelle politique de solidarité territoriale se mettra en place à partir du 1erjanvier prochain, nous en avons approuvé le principes en juin dernier.

Nous commençons à en connaître les modalités précises telles qu’elles seront votées en Décembre et nous soutiendrons évidemment toutes les actions qui renforceront les solidarités concrètes, c’est-à-dire qui réduiront les inégalités territoriales en tenant le meilleur compte des réorganisations administratives permises par la loi NOTRe. La solidarité territoriale passe aussi par une solidarité culturelle et à ce propos, je me dois revenir sur un évènement récent qui interpelle beaucoup d’acteurs du monde culturel de notre département.

Depuis le début des années 80, le Département du Calvados a délégué une grande partie de sa politique culturelle à l’Office départemental d’action culturelle du Calvados (ODACC). L’Office est une association qui rassemble de nombreux acteurs culturels et des élus des territoires ruraux et du Département. Lors de la commission permanente du 23 septembre, vous avez a annoncé qu’il sera fin à la convention qui lie le Département à cet organisme dans le cadre de la refonte de la politique culturelle. Cette décision, préconisée par un cabinet d’audit, signe la disparition de l’ODACC dont l’action particulièrement riche a toujours été unanimement reconnue. Nous reconnaissons la nécessité d’évaluer la politique culturelle départementale et la possibilité de la faire évoluer.

Nous dénonçons en revanche cette décision tant sur la forme que sur le fond. Nous critiquons d’abord votre précipitation. Pour rappel,le 16 septembre dernier, lors de la présentation de la nouvelle saison de l’ODACC à Mondeville, le Département a publiquement salué le travail de celui-ci et affirmé qu’aucune décision n’était prise quant à son devenir. Comment, comprendre,que moins d’une semaine après, son sort soit ainsi réglé ?…

Nous déplorons ensuite la disparition d’un outil efficace et démocratique de co-élaboration et de co-décision de la politique culturelle avec les acteurs de terrain. Nous exprimons enfin nos inquiétudes quant à la conduite des politiques culturelles, notamment dans les zones rurales. Quel sera le devenir du personnel de l’ODACC ?

Quelle place sera faite aux bénévoles qui œuvrent aujourd’hui ? A ce jour, aucune réponse précise n’a été apportée, ce qui est désolant dans un contexte où la culture contribue puissamment au vivre ensemble dans notre pays.

SOLIDARITE ENTRE NOS CONCITOYENS, SOLIDARITE ENTRE NOS TERRITOIRES, et nous pourrions utilement compléter notre action par une réelle solidarité avec ces hommes, ces femmes et ces enfants qui risquent leur vie dans ce cimetière à ciel ouvert qu’est devenue la Méditérannée.

Je sais que l’accueil des migrants en danger de mort, rappellons-le dans leur pays, est instrumentalisé depuis longtemps par l’extrême droite, hélas rejointe par une partie, de ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui, la droite extrême. Parallèllemment à cette question éminemment politique,à laquelle certains Présidents de Région apportent des réponses qui font leur déshonneur, je pense à M Wauquiez notamment, il y a bien une question humanitaire qui s’impose à nous, qu’on le veuille ou non.

Peut-on en conscience, laisser faire, c’est-à-dire finalement être complice de ceux qui provoquent ces drames ? non, me direz vous….alors agissons même à un niveau modeste. La semaine prochaine, Monsieur le Président, aura lieu la nouvelle édition du Prix-Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, manifestation à laquelle vous êtes légitimement très attaché. Nous entendrons les témoignages encore une fois, de toute les détresses humaines, nos consciences seront interpellées et puis nous rentrerons chez nous……..pour attendre la prochaine édition de cette superbe manifestation.

Je vous propose, parce qu’il s’agit là de la forme de solidarité la plus basique puisqu’elle vise à sauver des vies,de soutenir sous une forme à déterminer l’action de S.O.S MEDITERRANEE créée par un journaliste qui fréquente ce PRIX BAYEUX CALVADOS. Et pour être concret et lisible dans notre action, je propose à notre assemblée départementale de financer une journée d’action de cette association, 11000 euros, soit 1,5 centime d’euros par calvadosiens.

Si tous les départements de France vont dans ce sens, nous pourront aider à plus de 3 mois d’intervention humanitaire et nous pourrons dire que nous avons fait œuvre utile. Excusez moi de terminer par ce sujet si grave, qui rend à l’évidence nos autres débats assez secondaires mais le CALVADOS parce qu’il est le CALVADOS, c’est à dire cette terre de résistance et de combat pour la Liberté et la Démocratie,ne peut pas se tenir à l’écart de la tragédie qui se déroule aux portes de l’Europe. Pour terminer, une fois n’est pas coutume, permettez moi d’évoquer la tribune libre dans la dernière livraison du Journal du Calvados d’un des groupes politiques de notre assemblée qui nous a beaucoup surpris et choqué. Je veux parler, vous l’aurez compris,de celle des Républicains.

Comment avec vous pu laisser passer un tel texte ( vous êtes directeur de la rédaction ) qui n’a à l’évidence pas sa place dans un magazine institutionnel comme le nôtre.

Car enfin c’est bien d’un tract à caractère partisan qu’il s’agit, celui qui appelle à voter lors de primaire interne à un parti. Utiliser les fonds publics pour faire passer un message exclusivement politique pour ne pas dire politicien est une faute.
Je sais que le Président de votre parti, M Nouvelot, n’est pas très regardant sur ces choses, et qu’avec un dépassement de plafond de dépenses de campagne de 20 millions d’euros, la rigueur et l’éthique ne sont pas ses premières préoccupations.Mais au niveau du Calvados, qui ne nous a jamais habitué à de telles pratiques, nous sommes surpris, Monsieur le Président que votre vigilance ait été prise au dépourvu. Dans la même interview à Ouest France à laquelle je viens de me référer, vous indiquiez, je cite «l’organisation d’une primaire a un coût.

Rentrera-t-il dans les comptes des candidats? ». L’impression étant faite et la distribution réalisée, le coût de ces 350.000 exemplaires du Journal du Calvados devrait à l’évidence être réintégré dans le coût des Primaires des Républicains avant de l’être dans les comptes de campagne de celui qui sera désigné candidat de ce parti.

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