GILLES DETERVILLE Conseiller départemental de CAEN
GILLES DETERVILLE Conseiller départemental de CAEN

Mon intervention sur la « stratégie » de lutte contre la délinquance de la ville de CAEN

Le par

Conseil municipal du Lundi 21 Novembre 2016

Même si Caen demeure une ville peu criminogène par rapport à sa taille et son nombre d’habitants, certaines atteintes à la tranquillité publique itératives impactent la qualité du vivre ensemble et accentuent le ressenti ou la réalité de l’insécurité de nos concitoyens.

Conduire une politique de sécurité et de prévention de la délinquance c’est lutter contre la délinquance réelle et agir en faveur de la tranquilité dans les espaces publics et privés, en tenant compte de la sécurité subjective (comment se sent le citoyen face à cette question majeure de son vécu quotidien ?). Cette politique doit être déclinée par la Stratégie Territoriale de Sécurité et de Prévention de la Délinquance que nous examinons ce soir.

Le Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance doit permettre, à l’échelon communal, la connaissance précise de l’état d’insécurité, la mise en synergie des acteurs de la sécurité et de la prévention de la délinquance. Il est un lieu de coordination indispensable et d’anticipation des mouvements sociétaux, un sorte de « thermomètre de la vie sociale ».

Il doit prévenir les manifestations de délinquance et d’insécurité le plus en amont possible, suivre les évolutions des phénomènes et développer des actions de sécurisation des personnes et des biens. Cette instance doit permettre l’expression des attentes de chaque partenaire dans le respect des prérogatives de chacun et tenir compte dans ses décisions des préoccupations exprimées par la population. .

La première étape de réalisation de cette S.T.S.P.D doit être l’analyse du contexte et des besoins en termes de sécurité et de tranquillité publiques, préalable indispensable à la définition de la politique locale de sécurité.

Afin d’identifier les actions à mettre en oeuvre de façon prioritaire, des données doivent être recueillies auprès des partenaires concernés par cette question. Ceci doit permettre de dresser un bilan général quantitatif et qualitatif des difficultés à traiter, des actions déjà menées et de récolter les préconisations sur les futurs axes de travail.

En quoi les problématiques identifiées aujourd’hui différent sensiblement ou pas à celles repérées précédemment ? Des indicateurs d’évaluation doivent être détaillés pour permettre la mesure des effets du programme de travail. Cette stratégie doit être la traduction d’une volonté d’agir en prévention et en proximité en prenant appui sur les politiques jeunesse, sociale, de santé, culturelle et sportive, économique et d’insertion.

C’est par nature une politique transversale qui mérite d’être animer comme telle c’est-à-dire par le maire et non par un adjoint.

Voila ce que doit être un S.T.S.P.D, d’abord parce que c’est l’esprit des textes législatifs mais surtout parce ce qu’il doit représenter pour tous ceux qui sincèrement et sans arrière pensée d’instrumentalisation politique veulent vraiment traiter cette question à propos de laquelle nos concitoyens nous interpellent de plus en plus souvent.

Le déterminisme social même s’il n’explique pas tout et s’il n’excuse en aucune façon les dérives au quotidien, reste à intégrer profondément dans nos raisonnements. Oui une famille désunie, un échec scolaire précoce, un cadre de vie dégradé, ne prédisposent pas, qu’on le veuille ou non, à avoir un bon comportement.

C’est la raison pour laquelle, il faut prendre le problème à sa racine, c’est-à-dire le plus tôt possible, et articuler nos autres politiques publiques notamment notre politique sociale et notre politique éducative à cette indispensable PREVENTION.

Après cette introduction à ce que doit être une réelle stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance, la question est la suivante : voit-on à la lecture du document que vous nous présentez les qualités que l’on est en droit d’attendre d’une telle politique ? pas vraiment

Comprend-on, par ailleurs, son implication avec la politique de la ville et les contrats de villes qui se déploient dans les quartiers sensibles ? pas davantage

Autre sujet d’incohérence ou à tout le moins de manque de cohérence : comment ce S.T.S.P.D est il connecté avec le contrat de sécurité dans le transport public tel que vous venez de le présenter à la presse ? on le le sait pas.

Plus globalement, chacun peut concevoir, une telle politique de prévention de la délinquance se joue au niveau intercommunal puisque que les faits délictueux dont on peut avoir connaissance s’affranchissent des limites communales. Et pourtant, alors que la politique de la ville se joue de plus en plus au niveau de la communauté d’agglomération, on a guère le sentiment que l’on intègre ici la dimension intercommunale dans votre stratégie locale.

Enfin sur un élément de politique de sécurité, c’est la silence assourdissant, je veux parler que la question de la prostitution sur la voie publique. Je sais que c’est un sujet difficile mais une capitale régionale comme la nôtre, connaît évidemment ce phénomène et il n’est pas marginal, une municipalité ne peut pas ne rien dire et surtout ne rien faire sur cette question.

Nous avions engagé des actions sur ce plan : ces actions ont-elles été poursuivies ou pas ? Nous n’en savons rien à la lecture de votre document. Ceci nous laisse sur un goût d’inachevé et même d’insatisfaction. C’est d’autant plus dommageable, que ces préoccupations s’expriment de plus en plus souvent dans nos permanences d’élus ou dans les réunions publiques de quartier. Vous avez pu le constater cette année, encore plus fortement que l’année précédente, au cours de vos 12 réunions du printemps dernier.

Au final sous un aspect de présentation élégante, merci au service communication de la ville, on reste perplexe, parce que au-delà du verbiage développé, on ne perçoit pas la réalité de l’action qui est menée ou qui devrait l’être. Il y a un réel fossé entre ce que disent et surtout vivent nos concitoyens et la pertinence des mesures citées tel un inventaire à la Prévert.

Il y manque enfin deux éléments importants : l’indispensable évaluation de cette stratégie sera réservée au comité restreint du C.L.S.P.D, (on se demande bien pourquoi) et le chiffrage des actions entreprises. On sait que depuis 2 ans et demi, vous avez beaucoup investi en matière de vidéo-protection mais sur le reste, nous ne disposons pas d’éléments tangibles.

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